Sendai News (N°1)


Sakura ! Sendai reprend des couleurs et essaie de tourner la douloureuse page du 11 mars 2011. Cette année encore les principaux parcs du centre, Nishi-koen et Tsutsujigaoka-koen, ont vu leur affluence exploser, malgré des températures très fraîches pour la fin avril. Ils ont été assaillis par des hordes de salarymen et de photographes, dans un esprit toujours bon enfant et très civique, à en juger le taux de remplissage des bennes à ordures à l’entrée des parcs.

Le séisme et ses conséquences se sont à première vue éloignés, drainant même dans la capitale du Tohoku un flot de touristes d’un nouveau genre. ..

« Hisaichi wo meguru tour »

Les « tsunami-tours » consistent en effet à visiter les régions dévastées par le tsunami, à passer la nuit dans un hôtel de la côte, et à écouter les récits des habitants sur la vague dévastatrice et le choc sismique qui la précéda. Mais là où on pourrait craindre du voyeurisme, les populations y voient davantage un moyen de s’instruire, de faire du bénévolat pendant l’excursion, et de soutenir économiquement la région. Ainsi l’hôtel Minami San Riku Koyo affichait complet pendant la Golden Week, semaine de congés nationale. Pour autant le tourisme pendant cette période dorée est toujours en-deçà des années précédentes, et pour cause, les craintes de répliques et la proximité de Fukushima persistent. Deux exemples, l’archipel de Matsushima et le mausolée du seigneur fondateur de Sendai, Masamuné, ont attiré 30% de visiteurs en moins que lors d’une année type.

Les efforts restent donc à fournir pour Sendai et le Tohoku en général, mais le sentiment qui domine est la relève, et les chantiers sont nombreux : devraient sortir de terre dans les 2 années à venir plus de 600 habitations labellés « éco model town » pour accueillir les populations sinistrées relogées depuis dans des habitations provisoires. Comme on dit ici, Gambaré Sendai !

Gwenael LE YOUDEC, Sendai

2 réflexions au sujet de « Sendai News (N°1) »

  1. Merci beaucoup pour ces nouvelles fraîches de Sendai, la période des cerisiers en fleurs est un vrai bonheur : les Japonais savent d’autant plus apprécier les bons moments qu’ils sont conscients de leurs fragilités.
    Bravo Gwenael pour ton style, très agréable à lire…
    Je viens à Sendai avec un petit groupe à l’automne prochain : me conseillerais-tu une visite de la zone sinistrée ? Pour nous Français ça fait « voyeurisme » mais si tu nous dis que les Japonais ne le voient pas comme ça…

  2. Je suis allée à Sendai en octobre 2012, en espérant voir la saison des « momiji », les feuillages flamboyants de l’automne. Mais il était encore trop tôt. Bientôt à Sendai, ce sera le « hanami », la fête des cerisiers en fleurs… Ici en Bretagne, il fait encore bien froid et les fleurs tardent à s’ouvrir, bien que les bourgeons soient nombreux et bien mûrs.
    A Rennes, nous allons bientôt inaugurer l’exposition qui explique comment Sendai utilise les nombreux dons reçus pour reconstruire des écoles et des habitations, dans des zones mieux protégées contre les risques de tsunamis.
    Rennes, dimanche 3 mars 2013.

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