Derrière la création de « MINGEYE – Dans l’œil de l’artisan »

Le Projet Dorayaki, c’est un projet de recherche-action qui questionne le rôle social de l’artisan au Japon. Une des expressions tangibles du Projet Dorayaki sera l’exposition MINGEYE – Dans l’œil de l’artisan, accompagnée d’une conférence le 26 octobre 2019.

On m’a souvent demandé « Quel type d’artisanat ? » J’ai choisi des métiers de l’artisanat traditionnel, encore pratiqués à la main, en petites séries, selon les méthodes et les secrets transmis par les générations précédentes. C’est peut-être l’image la plus « romantique » (si vous me permettez ce chassé-croisé des époques et des cultures) de l’artisan, qui m’a séduite. Seul au milieu de la cour, répétant pendant quarante ans (souvent davantage) les mêmes gestes, inlassablement…

La plupart des artisans que j’ai rencontrés sont en effet dépositaires d’un savoir-faire ancestral. Je pense notamment à Ōtomo-san, artisan de pinceaux de calligraphie à Sendai. Il effectue ses gestes avec la précision des samouraïs, dont il dit être descendant. Même un œil avisé ne saurait déceler si le geste du mélange des poils du pinceau a été effectué seulement deux fois au lieu des trois requises. Une éthique personnelle et une rigueur respectueuse le mène à respecter le procédé qui lui a été enseigné et duquel il est aujourd’hui le seul juge et témoin.

(Mon premier contact avec la Fondation de Jumelage Rennes-Sendai s’est fait un peu par hasard, comme souvent au cours de ce Projet Dorayaki : une succession de rencontres et de recommandations. Je rencontre à Sendai l’énergique et cultivée Florence qui, outre ses activités d’enseignante, a aidé les reporters français par ses talents de traductrice lors de la catastrophe de 2011. C’est Florence qui me met sur la piste de Masami, de l’Association de Jumelage Rennes-Sendai. Un échange par email pendant quelques mois avec Masami, et soudain le projet surgit : ce sera une exposition de photographies et une conférence pour partager mes résultats de recherche, mes impressions et réflexions personnelles sur le Japon.)

Rendez-vous du 22 octobre 2019 au 2 novembre 2019 pour l’exposition à la Maison Internationale de Rennes. Conférence le samedi 26 octobre 2019 à 18h30, suivie d’un verre de l’amitié.

Avec le soutien de l’Association de Jumelage Rennes-Sendai, de la Fondation Franco-Japonaise Sasakawa et de la Maison Internationale de Rennes.

— Camille Ronceray
http://camilleronceray.com/

Grâce au lycée Sainte-Ursule-Eichi, vous savez tout sur les Kana-mojis !

L’association de jumelage Shimai Toshi Sendai a participé, pendant cinq jours du 13 au 19 mars, à l’accueil d’une délégation du lycée Sainte-Ursule-Eichi de Sendai. Cette délégation comprenait 4 lycéennes et 3 professeurs. Cet accueil était organisé conjointement avec la Maison Bleue et le lycée Saint-Martin, où madame Sato enseigne le japonais depuis de nombreuses années.

Mme Takahashi et une élève mettent la dernière main à la première œuvre de calligraphie dans l'auditorium de la Maison Internationale de Rennes, sous les yeux du public.
La première œuvre de calligraphie en cours de réalisation, lors du spectacle à la Maison Internationale de Rennes

Les 4 lycéennes et leurs professeurs avaient préparé, pour le public rennais, un spectacle très original de calligraphie japonaise, dans le cadre des Journées de la femme. En effet, selon le professeur Matsumoto qui présentait le spectacle, l’écriture simplifiée du japonais en kana-mojis a permis aux femmes japonaises d’accéder à la lecture et à l’écriture. C’est d’ailleurs une femme, Murasaki Shikibu, qui a écrit un des plus vieux romans japonais : Le Dit de Genji, au Xe siècle.

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Spectacle « Kana-moji, caractères nippons »

La calligraphie japonaise des Kana-moji, caractères destinés aux femmes dans l’histoire. Démonstration de calligraphie et présentation de la contribution de ces caractères à l’alphabétisation des Japonaises.

  • Conférence et spectacle de calligraphie
  • Auditorium de la Maison Internationale de Rennes (7 quai Chateaubriand, Rennes)
  • Vendredi 15 mars, 19h-20h
  • Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

Cette manifestation est proposée pendant la période de la journée internationale des droits des femmes.

Les Kana-moji sont, si on les compare avec les Kanji (idéogrammes chinois), des lettres plus simples qui ont de plus l’avantage d’être purement phonétiques. Leur création a facilité chez les femmes l’apprentissage et l’usage de l’écrit.

Dans notre histoire, qu’elle soit occidentale comme orientale, l’éducation était prioritairement adressée aux hommes. Les femmes étaient alors considérées comme des êtres secondaires, inférieurs, dans la société.

Toutefois, au Moyen-Âge, les femmes écrivains qui commencèrent à écrire grâce aux kana-moji devinrent des personnalités importantes de la société. Issu du milieu noble, l’usage de l’écrit se répandit dans le reste de la population au fil des ans. Les Kana-moji contribuèrent à l’alphabétisation du peuple japonais. La création des Kana-moji permit de faire naître l’égalité homme-femme dans le domaine de l’écrit.

Cet événement est organisé en partenariat avec le lycée Sainte-Ursule-Eichi de Sendai.

Atelier et spectacle à la Maison Bleue

Samedi 16 mars, les élèves du lycée Sainte-Ursule-Eichi et leurs accompagnants seront présents à la Maison Bleue pour animer un atelier de calligraphie, ainsi qu’une seconde représentation du spectacle. Plus d’informations sur leur site web :