Tremblement de terre à Sendai samedi 20 mars 2021

Sendai 10 ans après…

Ce matin samedi 20 mars 2021, grand soleil à Rennes, c’est le premier jour du Printemps. Je téléphone à mes amis Masae et Koichi KIKUCHI, à Sendai au Japon, comme je le fais une fois par mois, pour prendre de leurs nouvelles. Je dois toujours les appeler vers 10h du matin : chez eux il est 18h. Comme ils ont 80 ans tous les deux, ils se couchent tôt ! D’ailleurs à Sendai à 18h, même le 20 mars, il fait nuit.

En ce moment, souvenirs souvenirs… Je repense beaucoup au Grand tremblement de terre du Tohoku, qui le 11 mars 2011 a causé la mort d’environ 18 000 personnes (surtout à cause du tsunami qui a suivi). J’aimerais écrire un article sur le site internet du Jumelage Rennes-Sendai.

Ce matin au téléphone, c’est Koichi, le mari, qui m’a répondu… Après les salutations d’usage (je m’entraîne à parler un Japonais de politesse qui le fait beaucoup rire), nous échangeons sur mon projet d’article… Notre conversation est un peu approximative, car je m’efforce de parler japonais, mais je capte le sens général de ses remarques, et nous arrivons à bien échanger. Koichi propose de me mettre en contact avec un responsable de la Mairie de Sendai, qui pourrait répondre à mes questions.

Tout à coup j’entends à l’autre bout du fil un bruit lointain, comme un camion qui passe dans la rue, et Koichi me dit : « Tremblement de terre ! ». Il quitte le téléphone pour aller se mettre à l’abri, mais la communication se poursuit et je reste au bout du fil, à trembler moi aussi…

Même à 10 000 km de distance, cette colère de la Terre est terrifiante. Quand on n’a que le bruit, pas l’image, on imagine le pire. J’entends les meubles qui bougent, les murs et le sol qui tremblent, les objets qui s’entrechoquent… c’est de plus en plus fort, comme si plusieurs camions étaient maintenant en train de traverser cette maison que je connais si bien. Tendue au bout du fil, je crois voir la scène, la maison qui n’en finit plus de bouger, mes amis en danger… Et c’est long…

Enfin le bruit diminue, j’entends maintenant les voix de Koichi et Masae, qui discutent entre eux de ce qui vient de se passer. J’entends Masae qui allume la télévision pour avoir des infos : c’était un tremblement de terre de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter. Koichi reprend le téléphone et me dit que tout va bien, rien de cassé chez eux, ils ne sont pas blessés. Ouf, je suis secouée et je cherche quoi dire… Je lui exprime maladroitement mes sentiments, mon inquiétude, ma peur… Puis nous enchaînons sur le printemps, les fleurs dans le jardin, l’espoir de nous revoir bientôt. Nous finissons la conversation sur les salutations d’usage, et je raccroche.

Mon premier réflexe a été d’informer ma famille de ce qui venait d’arriver, puis j’ai repensé à notre conversation avec Koichi. Ce matin, après les politesses d’usage, je lui avais demandé comment ils se sentaient Masae et lui, dans le contexte actuel : tremblements de terre, crise du COVID, et les soucis de santé liés à leur âge. Koichi me disait que c’était très dur pour eux… Mais qu’ils arrivaient à entretenir leur moral, en échangeant comme ici avec leurs amis par téléphone, et en feuilletant ensemble les innombrables albums de photos de tous ces voyages et bons moments passés. En plus, me disait-il en riant (il rit beaucoup) : revoir de vieilles photos, évoquer des souvenirs, çà prévient Alzheimer ! Son épouse Masae était chercheuse à l’université de Sendai. Avant de prendre sa retraite, il y a vingt ans, elle a travaillé sur la mise au point d’appareils de mesure permettant de détecter les premiers symptômes des maladies cérébrales liées à l’âge, comme Alzheimer. Elle m’avait fait visiter son laboratoire, à l’université du Tohoku à Sendai.

Maintenant il est 11 h, j’ai fini mon article et je regarde, par la fenêtre, une mésange qui sautille sur la branche d’un cerisier. Les bourgeons commencent tout juste à fleurir…

Si j’étais patiente, j’essayerais d’écrire un haïku : La terre a tremblé. Sur la branche du cerisier, un oiseau sautille…

— Hélène Tattevin, présidente du comité de jumelage Rennes-Sendai

Derrière la création de « MINGEYE – Dans l’œil de l’artisan »

Le Projet Dorayaki, c’est un projet de recherche-action qui questionne le rôle social de l’artisan au Japon. Une des expressions tangibles du Projet Dorayaki sera l’exposition MINGEYE – Dans l’œil de l’artisan, accompagnée d’une conférence le 26 octobre 2019.

On m’a souvent demandé « Quel type d’artisanat ? » J’ai choisi des métiers de l’artisanat traditionnel, encore pratiqués à la main, en petites séries, selon les méthodes et les secrets transmis par les générations précédentes. C’est peut-être l’image la plus « romantique » (si vous me permettez ce chassé-croisé des époques et des cultures) de l’artisan, qui m’a séduite. Seul au milieu de la cour, répétant pendant quarante ans (souvent davantage) les mêmes gestes, inlassablement…

La plupart des artisans que j’ai rencontrés sont en effet dépositaires d’un savoir-faire ancestral. Je pense notamment à Ōtomo-san, artisan de pinceaux de calligraphie à Sendai. Il effectue ses gestes avec la précision des samouraïs, dont il dit être descendant. Même un œil avisé ne saurait déceler si le geste du mélange des poils du pinceau a été effectué seulement deux fois au lieu des trois requises. Une éthique personnelle et une rigueur respectueuse le mène à respecter le procédé qui lui a été enseigné et duquel il est aujourd’hui le seul juge et témoin.

(Mon premier contact avec la Fondation de Jumelage Rennes-Sendai s’est fait un peu par hasard, comme souvent au cours de ce Projet Dorayaki : une succession de rencontres et de recommandations. Je rencontre à Sendai l’énergique et cultivée Florence qui, outre ses activités d’enseignante, a aidé les reporters français par ses talents de traductrice lors de la catastrophe de 2011. C’est Florence qui me met sur la piste de Masami, de l’Association de Jumelage Rennes-Sendai. Un échange par email pendant quelques mois avec Masami, et soudain le projet surgit : ce sera une exposition de photographies et une conférence pour partager mes résultats de recherche, mes impressions et réflexions personnelles sur le Japon.)

Rendez-vous du 22 octobre 2019 au 2 novembre 2019 pour l’exposition à la Maison Internationale de Rennes. Conférence le samedi 26 octobre 2019 à 18h30, suivie d’un verre de l’amitié.

Avec le soutien de l’Association de Jumelage Rennes-Sendai, de la Fondation Franco-Japonaise Sasakawa et de la Maison Internationale de Rennes.

— Camille Ronceray
http://camilleronceray.com/

Grâce au lycée Sainte-Ursule-Eichi, vous savez tout sur les Kana-mojis !

L’association de jumelage Shimai Toshi Sendai a participé, pendant cinq jours du 13 au 19 mars, à l’accueil d’une délégation du lycée Sainte-Ursule-Eichi de Sendai. Cette délégation comprenait 4 lycéennes et 3 professeurs. Cet accueil était organisé conjointement avec la Maison Bleue et le lycée Saint-Martin, où madame Sato enseigne le japonais depuis de nombreuses années.

Mme Takahashi et une élève mettent la dernière main à la première œuvre de calligraphie dans l'auditorium de la Maison Internationale de Rennes, sous les yeux du public.
La première œuvre de calligraphie en cours de réalisation, lors du spectacle à la Maison Internationale de Rennes

Les 4 lycéennes et leurs professeurs avaient préparé, pour le public rennais, un spectacle très original de calligraphie japonaise, dans le cadre des Journées de la femme. En effet, selon le professeur Matsumoto qui présentait le spectacle, l’écriture simplifiée du japonais en kana-mojis a permis aux femmes japonaises d’accéder à la lecture et à l’écriture. C’est d’ailleurs une femme, Murasaki Shikibu, qui a écrit un des plus vieux romans japonais : Le Dit de Genji, au Xe siècle.

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Spectacle « Kana-moji, caractères nippons »

La calligraphie japonaise des Kana-moji, caractères destinés aux femmes dans l’histoire. Démonstration de calligraphie et présentation de la contribution de ces caractères à l’alphabétisation des Japonaises.

  • Conférence et spectacle de calligraphie
  • Auditorium de la Maison Internationale de Rennes (7 quai Chateaubriand, Rennes)
  • Vendredi 15 mars, 19h-20h
  • Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles

Cette manifestation est proposée pendant la période de la journée internationale des droits des femmes.

Les Kana-moji sont, si on les compare avec les Kanji (idéogrammes chinois), des lettres plus simples qui ont de plus l’avantage d’être purement phonétiques. Leur création a facilité chez les femmes l’apprentissage et l’usage de l’écrit.

Dans notre histoire, qu’elle soit occidentale comme orientale, l’éducation était prioritairement adressée aux hommes. Les femmes étaient alors considérées comme des êtres secondaires, inférieurs, dans la société.

Toutefois, au Moyen-Âge, les femmes écrivains qui commencèrent à écrire grâce aux kana-moji devinrent des personnalités importantes de la société. Issu du milieu noble, l’usage de l’écrit se répandit dans le reste de la population au fil des ans. Les Kana-moji contribuèrent à l’alphabétisation du peuple japonais. La création des Kana-moji permit de faire naître l’égalité homme-femme dans le domaine de l’écrit.

Cet événement est organisé en partenariat avec le lycée Sainte-Ursule-Eichi de Sendai.

Atelier et spectacle à la Maison Bleue

Samedi 16 mars, les élèves du lycée Sainte-Ursule-Eichi et leurs accompagnants seront présents à la Maison Bleue pour animer un atelier de calligraphie, ainsi qu’une seconde représentation du spectacle. Plus d’informations sur leur site web :